Les ESCLAVES sont vendus à l'encan, c'est à dire à l'enchère au BADISTAN.
Les FRANÇAIS et les ITALIENS sont ceux que l'on vend à meilleur marché, parce qu'ils se disent issus de parents pauvres et que les patrons craignent que leur gouvernement, par quelque traité avec le DEY n'obtiennent leur liberté pour le prix d'achat.
Les ESPAGNOLS, plus fiers, préfèrent demeurer plus longtemps ESCLAVES et même mourir, que d'avouer qu'ils sont sans fortune, donc difficilement rachetables.
Le prix est fonction du sexe, de l'âge, du pays d'origine, de la force physique, de la fortune présumé, du rang social.
Pour vérifier l'exactitude de la déclaration des CAPTIFS, les MARCHANDS examinent leurs dents et les paumes de leurs mains.
Ils regardent également si leurs oreilles sont percées, signe de richesse car, enfants, ils doivent porté des pendants d'oreilles.
Les FILLES VIERGES et les plus belles FEMMES sont livrées au poids de l'or au PACHA, au BEY ou à un CORSAIRE retiré de la vie active. Elles vont "agrémenter" les HAREMS.
L'argent de la vente est ainsi réparti :
12% au profit du PACHA ou du DEY
1% pour l'entretien du MOLE et des BATTERIES de la MARINE
1% pour la nourriture des gardiens des MOSQUÉES et des TOMBEAUX
43% pour le RAÏS
43% pour les MATELOTS et les JANISSAIRES composant l'ÉQUIPAGE
Lorsqu'on veut racheter un ESCLAVE, après la fixation d'un prix et le paiement, le CADI donnE une CARTE FRANCHE à l'ESCLAVE.
C'est un bulletin constatant le nom, le surnom, la patrie, la taille, la couleur des cheveux, les marques du corps et du visage et tout autre signe distinctif. Il faut ensuite, pour qu'il puisse sortir, payer le droit des portes de la VILLE au profit du DIVAN.
Miguel de CERVANTÈS SAAVEDRA (1547-
En 1571, il participe à la bataille de LÉPANTE, où il perd l'usage de la main gauche.
En 1575, la GALÈRE, qui le transporte, est prise par MAMI ARNAUTE, renégat albanais, ennemi mortel des CHRÉTIENS et surtout des ESPAGNOLS.
Il est emmené en captivité, avec son frère, à ALGER.
En février 1577, il parvient à s'échapper de la maison de son MAÎTRE, MAMI ARNAUTE, et se réfugie, avec d'autres ESCLAVES, dans une GROTTE donnant sur la MER.
Trahi par un ESCLAVE, surnommé le DOREUR, il est repris et racheté, 500 écus d'or, par HASSAN PACHA, qui l'enferme dans son BAGNE.
En 1580, il est racheté par l'intermédiaire des RELIGIEUX de la TRINITÉ, pour la somme considérable de 600 ducats.
En janvier 1581, il peut regagner l'ESPAGNE .
Jean-
Vendu comme esclave, en 1678, à ALGER, il est emmené à CONSTANTINOPLE où il demeura 2 ans en captivité avant d'être racheté 12.000 francs.
FRAY DIEGO de HAËDO
Ce bénédictin espagnol séjourne à ALGER, entre 1578 et 1581, et écrit par la suite : "TOPOGRAPHIE ET HISTOIRE GÉNÉRALE D'ALGER", "HISTOIRE DES ROIS D'ALGER" et "DIALOGUES DE CAPTIVITÉ", récits constituant une source importante pour les historiens.
Jean Foi VAILLANT( 1632-
Ce célèbre NUMISMATE est chargé par COLBERT d'une mission en ITALIE, en SICILE et en GRÈCE
Pris par un CORSAIRE à son second voyage, il recouvre la liberté au bout de 4 mois et demi,
Sur le point de tomber au pouvoir d'un autre CORSAIRE , il avale une vingtaine de pièces d'or qu'on lui avait restituées et aborde heureusement à MARSEILLE.
AUTRES CAPTIFS
Emmanuel D'ARANDA, au XVIIe siècle
Le PRINCE italien LOMELLINI.
En 1546, le savant helléniste PIERE GILLES, envoyé au LEVANT, par FRANÇOIS 1er, pour y acquérir des manuscrits grecs.
En 1558, DOMINIQUE de GOURGUES, qui s'illustre quelques années après en combattant les ESPAGNOLS en FLORIDE.
En 1581, l'ÉVÊQUE de CATANE, CARACCIOLI, est ESCLAVE de DRAGUT.
Les savants GUILLAUME MARAN et GILLES MAGNE.
De nombreux CHEVALIERS de l' ORDRE de St. JEAN de JÉRUSALEM, parmi lesquels se trouvent MM. de SAMOY et du SAILLANT, capturés par ALI BITCHNIN et gardés dans le BAGNE de son PALAIS, où ils sont bien traités.
Ils sont vénérés par les autres esclaves et servent d'arbitres lors de leurs différents.
ESCLAVES CÉLÈBRES
LES CAPTIFS
ALGER a, au XVIIe siècle, jusqu'à 30.000 ESCLAVES.
À la fin du XVIIIe siècle, les CAPTIFS ne sont plus qu'environ 4.000.
En 1830, on n'en compte plus que quelques centaines.
LA VENTE
LE RACHAT
Le RACHAT s'effectue de 3 manières:
la RÉDEMPTION publique, qui se fait aux dépens de l' ÉTAT auquel appartient l'ESCLAVE.
le RACHAT par l'entremise des RELIGIEUX de la MERCI qui font des quêtes.
le RACHAT directement traité avec les FAMILLES ou AMIS des CAPTIFS.
À la rançon s'ajoute une foule de redevances
Quinze piastres au profit du DEY, pour le droit de KAFTAN du PACHA.
Quatre piastres pour le SECRÉTAIRE d' ÉTAT.
Sept piastres pour le CAPITAINE du PORT
10% pour la DOUANE
Les ESCLAVES du gouvernement payent dix sept piastres au GARDIEN des BAGNES.
TRAITEMENT
Dans les BAGNES se trouvent tous les ESCLAVES des MAGASINS, c'est à dire appartenant à l'ÉTAT.
Les ESCLAVES appartenant à des particuliers sont assez bien traités.
Ils servent comme DOMESTIQUES dans la VILLE ou travaillent aux CHAMPS.
Certains peuvent tenir une TAVERNE, moyennant une redevance qu'ils payent à leurs MAÎTRES.
Jusqu'à leur libération, ils portent à la jambe gauche, au-