Publio Sitio
Marci Filio
Quirina
Plocamiano
Ordo
Icositanorum
Marcus Sittius,
Publii filius
Quirina Caecelianus
Pro filio
Pientissimo
Honore Recepto
impensam remisit
A Publius Sittius
Plocamianus,
L’ordre des
Iconostases
Fils de Marcus, de la tribu Quirina,
Marcus Sittius
Coecilianus,
fils de Publius,
Pour son fils
très pieux
Cet honneur étant reçu,
a remis la dépense.
"Dans ces échoppes enfumées et vermoulues, dans ces bouges obscurs et puants, à travers la fumée épaisse de tabac et le parfum du moka, qui vient quelquefois se mêler aux miasmes de la rue, on traite des affaires d’une haute importance.
« Accroupi sur une natte de sparterie, ou quelque fois même sur un tapis turc
de grand prix, le marchand maure fait souvent cinq ou six cents sequins de bénéfice
dans sa journée ; entre la prière du matin et celle du soir, des valeurs considérables
sortent et entrent tour à tour de l’immense coffre-
« À côté de la boutique de ce riche contador maure, on trouve la boutique du cadi, car le cadi tient son tribunal dans une boutique, à peu de chose près semblable à celle du marchand et de l’artisan. Le cadi rend ses arrêts dans un échoppe ; les plaideurs sont à la porte, ils exposent leurs griefs : le cadi prononce, et aussitôt deux sbires du cadi chassent les plaideurs jugés à coups de bâton, pour qu’ils fassent place à d’autres. »
« Le voisin du cadi est un fabricant de babouches. Ce métier est très commun à
Alger ; les cordonniers pour homme et pour femme y sont nombreux : le maroquin y
est travaillé de toutes les manières, taillé, cousu et brodé en pantoufles et en
mules de toutes les formes. Dix rues aux environs de Bab Azoun, sont peuplées par
des savetiers : on se demande à quoi bon une telle quantité de chausseurs dans une
ville va nu-
« Dans la rue Bab Azoun demeurent aussi les meilleurs et les plus habiles brodeurs ; l’art de broder sur la soie et le maroquin est une des industries algériennes. C’est dans une échoppe entre quatre ais de bois, accroupi sur un banc de pierre, qu’un maure brode, avec une perfection de travail et une correction de dessin admirables, une housse de deux mille piastres de valeur qui doit enrichir les équipages du dey, ou un magnifique bombet de velours qui servira aux noces d’un agha ou à celles d’un émir. »
« Les marchands d’épiceries de l’Inde, de bois précieux ou de rares parfums, ne sont pas mieux logés ; leur boutique embaumée est souvent placée entre le sale bouge d’un marchand de fromage ou de légumes et le puant étal d’un boucher. L’aloès et le benjoin sont d’un grand prix à Alger. Dans l’intérieur de leurs maisons, les Maures et les Turcs passent leur vie au milieu des parfums. »
« Si l’on ajoute à ce que nous venons de décrire quelques industries particulières, des chaudronniers qui façonnent le cuivre en plats et en marmites étamées ; des fourbisseurs de poignards et de yatagans ; quelques misérables armuriers, qui raccommodent la longue carabine du bédouin ou les pistolets du janissaire ; des marchands d’étoffes de laine, de ceintures de Tunis, de toiles à turban, de bournous et de linge de bain, on aura une idée du commerce d’Alger et de la rue la plus marchande et la plus riche de la métropole de la Régence. Cette rue est à la fois le marché, la halle, la bourse et le bazar de la ville. »
« Au point du jour, dès que les portes des différents quartiers sont ouvertes, la rue est à l’instant même encombrée de marchands et d’acheteurs. De longues files d’arabes, arrivant de la plaine de la Mitidja, y pressent les passants entre les flancs de leurs chevaux, perchés en haut de leurs montures sur des monceaux de légumes, autour desquels pendent des poules et des coqs. Des matelots chargés de pièces de gréements, des portefaix, nègres et juifs, courbés sous le poids des balles et des caisses de marchandises qu’ils portent à deux sur une barre traversent en courant tout ce qui se trouve devant eux.."
RUE BAB AZOUN
À L’ÉPOQUE TURQUE
Avant 1830, la RUE BAB AZOUN est une succession de SOUQ de la PLACE située devant la JENINA à la PORTE BAB AZOUN.
C’est la seule RUE de la VILLE où quatre PERSONNES peuvent passer de front.
Elle représente tout le commerce d’ALGER : on y trouve des boutiques de tous genres et des cafés en grand nombre.
En 1830, la RUE n’avait que le quart de la largeur de la nouvelle RUE
Cette RUE est la première à être alignée par les MILITAIRES.
Cela entraîna la démolition de nombreux ÉDIFICES.
Sur les MAISONS démolies s'élevèrent des IMMEUBLES de style LOUIS-
En 1832, toutes saillies, balcons, miradors, vérandas, pouvant gêner le tir de l’artillerie y étaient interdites, dans l’intérêt de la défense.
Après 1830, après la disparition des FORTIFICATIONS elle s'ouvre sur la PLACE DE LA RÉPUBLIQUE.
De 1836 à 1840, l’élargissement de la RUE occasionne la destruction de la VOÛTE et de la MOSQUÉE (41m sur 21,75).
Une petite PLACE est créée à l'EMPLACEMENT de la MOSQUÉE qui gênait la circulation militaire aux abords de la PORTE.
Des IMMEUBLES sont édifiés à son EMPLACEMENT (côté impair de la rue de la RUE BAB AZOUN)
Le CAFÉ du « VIEUX GRENADIER » date de 1839 (MAISON HÉROU et LÉPINE).
En 1844, une inscription romaine est trouvée, parmi les ruines d’une MAISON , par un CLOUTIER qui s’en servit d’enclume.
À sa mort, cette pierre est utilisée lors de la construction de la MAISON faisant l'angle gauche de la RUE DU CAFTAN.
1 SOUQ EL KEBIR, le GRAND MARCHÉ, près de la PLACE de la JENINA .
3 SOUQ EL KABAÏL, le MARCHÉ des KABYLES
4 SOUQ EL KHERRATIN, le MARCHÉ des TOURNEURS, en son milieu, devant la CASERNE KHERRATIN(CK)
111
2
3
4
5
6
5 SOUQ ED DKIR , le MARCHÉ de l’ACIER, près de DJAMÂ KHEDER PACHA
2 FENDENQ EZ ZEYYAT, le FONDOUK aux HUILES
7 RAH’BAT EZZRÂ, la HALLE aux GRAINS
8 Près de la PORTE, FENDENQ EL ÂZARA, le FONDOUK des PALEFRENIERS.
6 SOUQ ET TAMMÂQIN, le MARCHÉ des FABRICANTS de BOTTES
9 À la PORTE, H’OUMAT BAB AZOUN, le QUARTIER de la PORTE BAB AZOUN
7
8
9
LES DIFFÉRENTS TRONÇONS DE LA RUE
Petite RUE étroite, ce n'est qu'une succession de MARCHÉS de la PORTE de BAB AZOUN à la petite PLACE faisant face à la JENINA.
Des tronçons de la RUE porte le nom soit de l'industrie qui y prédomine:
FENDENQ el ÂZARA = MARCHÉ des PALEFRENIERS, près de la PORTE
SOUQ EL BEYYAÂIN EL H'ALIB : MARCHÉ des MARCHANDS de LAIT
SOUQ ED DKIR = MARCHÉ de l’ACIER, près de DJAMÂ KHEDER PACHA
SOUQ ER RAH'BAT EZZRÂ = MARCHÉ aux GRAINS
FENDENQ EZ ZEYYAT = MARCHÉ aux HUILES
SOUQ EÇ ÇEBBAR'IN = MARCHÉ des TEINTURIERS
SOUQ EÇ ÇAFFARIN = MARCHÉ des CHAUDRONNIERS, des DINANDIERS
SOUQ KHERRATIN = MARCHÉ des TOURNEURS, en son milieu,devant la CASERNE des TOURNEURS.
SOUQ BERAÂD'YA = MARCHÉ des BOURRELIERS ou des FABRICANTS de BÂTS.
SOUQ EL QEDIM = VIEUX MARCHÉ , près du SOUQ BERAÂD'YA
H'OUMAT el QENDAQDJIA = QUARTIER des ARMURIERS
D'autres doivent leur appellation à leur situation:
H'OUMAT BAB AZOUN = QUARTIER de la PORTE de BAB AZOUN
D'autres à leur importance:
SOUQ EÇ ÇER’IR = PETIT MARCHÉ
SOUQ EL KEBIR= GRAND MARCHÉ , près de la place de la JENINA
D'autres encore à l'origine des riverains:
ZENQAT EL GOURNIYA = RUE des LIVOURNAIS.
ZENQAT EL DJERBIYA = RUE des DJERBIENS.
AUTOUR DE LA RUE BAB AZOUN
DJAMÂ
EL MAÂDJAZIN
Rue de la FLÈCHE
Rue de l’AIGLE
DAR IENKECHERIA
MTAÂ
EL KHERRATIN
Rue BOZA
DJAMÂ EL QEBAÏL
Rue RENÉ
CAILLÉ
DJAMÂ
KHEDER PACHA
IMPASSE du MARTEAU
FENDENQ
EZ ZYATIN
TABERNAT
EL BEYLIK
Rue SAINTE
MESDJED QENDAQDJIA
FENDENQ
EL ÂCEL
RAH’BAT
EZZRÂ
Impasse LASSEL
Rue SCIPION
RUE DE CHARTRES
TABERNAT
ET TEMAKIN
PORTES
BAB AZOUN
Impasse
EL ÂZARA
DAR IENKECHERIA
MTAÂ
BAB AZOUN
DJAMÂ
MEZZO MORTO
Rue de la
PORTE NEUVE
Rue du CAFTAN
Rue du LAURIER
APRÈS 1830
N
CK
CB
À la fin du XIXe, c'était une étroite RUE à arcades, quelque peu tortueuse, et les PASSANTS élégants qui la fréquentèrent jusque en 1914, marchaient toujours du coté pair, côté des luxueux MAGASINS de soieries et d’étoffes, les « LOUVRES » et « BON MARCHÉ » populaires, des BIJOUTIERS et ORFÈVRES, aux 500.000 Bijoux, MAISON J.PORRET, fondée en 1865, au n°21, des COIFFEURS, des RESTAURANTS, des LIBRAIRIES comme la « LIBRAIRIE RUFF», la LIBRAIRIE de Mme PHILIPPE, la LIBRAIRIE TIXIER, la LIBRAIRIE PÉZÉ des PHOTOGRAPHES, des grands PÂTISSIERS et CONFISEURS, le coté impair étant réservé aux BAZAR.
Certains jours la foule était si intense qu’il fallait un quart d’heure pour faire dix pas.
"La Maison Fille, à l'entrée de la rue, était une grande pâtisserie, regorgeante de monde à toute heure du jour. Les thés de 5 heures étaient particulièrement brillants en hiver et au printemps. On y rencontrait des hivernants et le corps diplomatique."
LA RUE BAB AZOUN
LA RUE BAB AZOUN RACONTÉE PAR MERLE
LA RUE BAB AZOUN EN 1845
ENTRÉE DE
LA RUE BAB AZOUN
INTERSECTION
AVEC
LA RUE DE CHARTRES
LA MAISON FILLE