Les JANISSAIRES étaient pour la plus part originaires d'ASIE MINEURE, OTTOMANS, JUIFS, CHRÉTIENS RENÉGATS, CRIMINELS chassés de leur patrie.

 

   Il n'y avait ni MAURES ni KOULOUGLIS.

 

  Leur nombre s'éleva jusqu'à 6000.

 

  En 1830, il y en avait 5092, dont 91 CANONNIERS.

 

  Créé en 1329, ce CORPS  était exclusivement composé d’ENFANTS chrétiens, soit prisonniers de guerre, soit réquisitionnés à raison d’un fils sur cinq,  âgés de 5 à 20 ans et célibataires.

 

  Sous SELIM 1er (1512-1520), est devenue une coutume acquise.

 

  Les levées périodiques se firent par contingents de 1000 enfants, tous les 5 ou 7 ans, puis annuellement.

 

  Arraché à sa famille, à son peuple et à sa culture, le JEUNE GARÇON est envoyé auprès du SULTAN et converti à l’islam.

 

   Il se fait circoncire et apprend les coutumes et la langue des conquérants.

 

   Il grandit dans une CASERNE parmi les ENFANTS enlevés comme lui aux familles infidèles.

 

  Ce mode de recrutement resta en vigueur jusqu’au XVIIe siècle

 

Les JANISSAIRES viennent dans la RÉGENCE pour avoir une certaine importance.

 

   À ALGER la communauté turque est en perpétuelle renouvellement et principalement composée de CÉLIBATAIRES. Aucune TURQUE n’y vient .

 

  Ceux qui se marient à ALGER, épousent obligatoirement des non-Turques.

 

  Leurs enfants sont des MÉTIS et ne peuvent prétendre à aucun des privilèges de leur PÈRE. On les appelle les KOULOUGLIS.

 

  Les CÉLIBATAIRES logent, dans des CASERNES, où ils sont trois par CHAMBRÉE. Des ESCLAVES les servent et entretiennent les locaux.

 

  En 1745, on   compte 11.900 JANISSAIRES dont 9.000 actifs et 2.500 hors rang.

 

    Le CORPS est divisé en 424 ODJAK (petites unités) composés en moyenne d'une trentaine d'hommes et comprenant deux catégories :

 

   Sur les 424 ODJAK on compte :

                               Les SOLDATS ACTIFS, combattants

 

                                Les SOLDATS HORS RANG, hommes du train

 

                                156 ODJAK de 21 à 30 hommes

 

                                134 ODJAK de 11 à 20 hommes

 

  Le CORPS des JANISSAIRES a 3 CHEFS qui forment un corps de sous-officiers

 

                           L'ODA-BACHI  : CHEF de la CHAMBRÉE équivalent à un caporal. Il devient BOULUK BACHI, officier puis membre du CORPS des 24 YAYA BACHI (chefs militaires constituant une sorte de SÉNAT).  

 

   Il est coiffé d'un long bonnet et paré dans le dos d'une croix rouge tracée sur une pièce de cuir.

 

   Ils porte des plumes blanches à son turban.

  

   Le plus ancien des officiers actifs, le BACHI BOULUK BACHI préside la réunion des YAYA BACHI

 

   Le BACHI BOULUK BACHI accéder ensuite au poste d' AGHA

 

                           Le VEKIL HARDJ  :  l’ÉCONOME

 

                           Le VEKIL HARDJ ALTI :  le SOUS- ÉCONOME

 

   Les 8 plus anciens JANISSAIRES deviennent d'abord SOLACHI, c'est à dire garde du corps .

 

  Les 4 premiers d'entre eux, appelés PEÏS commandent les CHAOUCHS

 

   Ils deviennent toujours par ancienneté

 

  OUKILHARDJI (officiers de détail)

 

   ODABACHI (lieutenants)

 

   BOULUK BACHI ( capitaines)

 

   AGA BACHI (commandant). Ils sont 24. Le plus ancien devient KIAYA (commandant supérieur) et, deux mois après,

 

  AGHA (commandant de la MILICE)

 

  C'est le COMMANDANT de la MILICE, il est à la tête de la hiérarchie militaire.

 

   Il est chargé de la paie des troupes

 

   Il est administrateur des territoires des tribus maghzen du BEYLIK d’ALGER

 

   C'est un titre honorifique car il ne part pas en campagne.

 

   Il reçoit une solde importante.

 

   Chaque soir on lui remet les clés de BAB AZOUN, BAB EL OUED et BAB EL DJEDID.

 

   Il ne reste à son poste que 2 mois et porte jusqu'à sa mort le titre de MANSULAGHA.

  

   Il n'exerce plus aucun commandement et est de droit membre du DIVAN SUPÉRIEUR et peut prétendre à toute les charges civiles.

 

  L 'ODJAK est accompagné de mules portant les bagages

 

   Le TRAIN est considérable

 

   Les TENTES sont vastes et richement équipées et peuvent loger jusqu’à 30 HOMMES.

 

  Il y a pour chaque TENTE  un OUKIL EL HARDJ (officiers de détail) chargé de pourvoir aux besoins de cette tente.

 

  Les SAGIARD sont chargés de la fourniture et de la garde de l'eau.

 

  Pendant la route des CHAOUCH portent des sacs de tabac au service de tout YOLDACH.

 

   Le VEKIL HARDJ est l’économe.

 

  Le VEKIL HARDJ ALTI est le sous-économe.

  

   Il y a 24 AGHA BACHI, commandant.

 

   Le plus ancien devient KIAYA (commandant supérieur) et, deux mois après, AGHA.

 

 

  Les ACHTCHÏ ou CUISINIERS sont successivement :

 

                   ACHTCHÏ d'une TENTE

 

                   ACHTCHÏ d'une GARNISON

 

                   ACHTCHÏ d'un CAMP

 

                   BACHI ACHTCHÏ BACHI qui est l'équivalent de BOULUK BACHI

 

   Les KHODJA ou ÉCRIVAINS  achètent leur poste pour servir sur les NAVIRES.

 

  C'est un CORPS MOBILE de l' ARMÉE chargé d'assurer la LEVÉE des IMPÔTS.

 

   Il sort chaque année, en avril, pour 4 à 6 mois.

 

   Il exerce également des MISSIONS PUNITIVES contre les TRIBUS REBELLES et même des GUERRES contre les voisins.

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LE CORPS DES YOLDACH ou JANISSAIRES

RECRUTEMENT

EFFECTIFS DU CORPS

 

Chaque JANISSAIRE , à son arrivée à la CASERNE, recevait :

                       une couverture de laine

                       une chemise de toile grossière

                       un sedria (corset ou veste sans manche)

                       des pantalons de coton

                       un châle rouge qui sert de ceinture

                       un bonnet

                       un caftan (manteau de gros drap)

                       une paire de souliers ferrés (le talon est entouré d'une sorte de petit fer à cheval).

 

  Plus tard ils prirent l'habitude de porter le burnous et les divers bonnets furent remplacés par le chéchia (petite coiffure rouge rappelant le fez).

 

   On leur prêtait un mousquet, un yatagan, une paire de pistolets.

 

  S’il les perdait le prix était retenu sur sa paie.

  

   Ils recevaient  une livre de plomb pour faire leurs balles, mais ils devaient acheter la poudre.

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LA MAHALLA

CORPS BÉNÉFICIANT DE CONDITIONS PARTICULIÈRES

DROITS DU YOLDACH

FONCTIONNEMENT EN MARCHE

HIÉRARCHIE DES JANISSAIRES

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L’AGHA

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CHAOUCH

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  Le SERVICE, à terre ou en mer, dure une année et est suivi d'un congé d'égale durée. Et cela tant qu'ils étaient valides.

 

  Le YOLDACH en congé s'appelle HOUZOURDJI

 

   L'avancement est donné à l'ancienneté et à l'élection.

 

  Les DEYS étaient choisis parmi eux.

 

   Leurs principaux officiers faisaient parmi du DIVAN.

 

  Le YOLDACH peut remplacer, pendant son congé, un autre YOLDACH qui tient un commerce.

 

   Il reçoit quatre pains par jour provenant des fours de la JENINA en plus de sa solde, qui est la plus basse.

 

  Il paye la viande avec un rabais d'un tiers sur le prix ordinaire.

 

   Le YOLDACH gagne son grade à l'ancienneté. La plus haute paye, dite saksan, est constante quelque soit le grade.

 

   Il peut se marier et exercer une industrie quelconque en ville. Il ne reçoit plus de logement ni de pain.

 

  Il prend les armes dès qu'il en reçoit l'ordre.

 

   Personne n'a le droit de toucher à un YOLDACH.

 

   Seuls, les CHAOUCH, vêtus de vert, ont le droit de l'arrêter.

 

   À 50 ans, cesse l'obligation de porter les armes.

 

   Quatre d'entre eux, les PEIS, les plus anciens soldats attendant leur avancement, partagent la table du PACHA, lui ouvrent la marche quand il sort, en priant par trois fois et à haute voix le public de le laisser passer. Ils sont armés d'une arquebuse. Ils portent un bonnet blanc plaqué de cuir.

LA MILICE

 

  Elle est responsable de la défense et de la collecte des impôts.

 

   Le Divan des JANISSAIRES, avec son chef, l'AGHA, dirige les affaires de l'ODJAK.

 

   L'ODJAK est une grande assemblée se réunissant 4 fois par semaine pour traiter des affaires de la RÉGENCE. Tous les SOLDATS peuvent y assister.

CAPITAN PACHA ou CAPOUDAN BACHA

 

  C'est en Turquie le grand amiral. Il possède la troisième charge de l'empire, et a fur mer autant de pouvoir que le grand vizir en a sur terre.

   Ce commandant n'avait point autrefois le titre de capitan bacha ou d'amiral; il n'était que bey de Gallipoli. Soliman II institua cette charge en faveur de Barberousse, et y attacha une autorité absolue sur tous les officiers de la marine et de l'arsenal, que le capitan bacha peut punir, casser et faire mourir dès qu'il est hors du détroit des Dardanelles.

   Il commande dans toutes les terres, les villes, châteaux, et forteresses maritimes ; visite les places, les fortifications, les magasins ; ordonne des réparations, des munitions de guerre et de bouche; change les milices, et tient conseil pour recevoir les plaintes des officiers.

  Lorsque cet officier est à Constantinople, il a droit de police dans les villages de la côte du port et du canal de la mer Noire, qu'il fait exercer ou par son keaja ou lieutenant, ou par le bostangi Bachi.

  La marque de son autorité est une grande canne d'Inde, qu'il porte à la main dans l'arsenal et à l'armée. Son canot, par un privilège réservé seulement au grand seigneur, est couvert d'un tendelet, et armé d'un éperon à la proue. Il dispose des places de capitaines de vaisseau et de galère, vacantes par mort.

  Cet officier a une copie de l'état des troupes de mer et des fonds destinés pour l'entretien des armées navales. Trois compagnies de Janissaires composent sa garde : elles débarquent partout où la flotte séjourne, et campent devant la galère du général. Sa maison, sans être aussi nombreuse que celle du grand vizir, est composée des mêmes officiers; et quand la flotte mouille dans un port, il tient un divan ou conseil composé des officiers de marine.

  Le capitan bacha jouit de deux sortes de revenus, les uns fixes, et les autres casuels. Les premiers proviennent de la capitation des îles de l'Archipel, et certains gouvernements et bailliages de l’Anatolie et de Romélie, entre autres de celui de Gallipoli, que le grand seigneur lui donne en apanage avec la même étape que celle du grand-vizir. Ses revenus casuels consistent en ce qu'il tire de la paye des bénévoles, et de la demi paye de ceux qui meurent pendant la campagne, qu'il partage avec le Tersana Emini. Il a encore le cinquième des prises que font les begs, et loue ses esclaves pour mariniers et rameurs sur les galères du grand seigneur, à raison de 50 écus par tête, sans qu'ils lui coûtent rien à nourrir ni à entretenir ; parce qu'au retour de la flotte, il les fait enfermer avec ceux de sa hautesse. Les contributions qu'il exige dans les lieux où il passe, augmentent considérablement ses revenus casuels.

                          Guer, Mœurs  & usages des Turcs, tom. II. ( G ). (Encyclopédie, tome second, 1751.)